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7 % de chômage chez les travailleurs noirs aux États-Unis : l'écart avec les Blancs se creuse en septembre

Le chômage des travailleurs noirs grimpe à 7 % aux États-Unis, contre 3,6 % pour les Blancs, alors que les embauches ralentissent nettement.

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7 % de chômage chez les travailleurs noirs aux États-Unis : l'écart avec les Blancs se creuse en septembre

Les États-Unis n'ont créé que 29 000 emplois en septembre, et ce sont les travailleurs noirs qui encaissent le choc : leur taux de chômage atteint 7 %, contre 3,6 % chez les Blancs. Cet écart, ancien, se creuse de nouveau. Il dit quelque chose de l'état du marché de l'emploi, bien au-delà des frontières américaines.

En bref

  • Le chômage des travailleurs noirs a atteint 7 % en septembre aux États-Unis, contre 3,6 % pour les travailleurs blancs.
  • L'économie américaine n'a créé que 29 000 emplois en septembre, contre environ 90 000 attendus par les économistes.
  • Les Afro-Américains représentaient environ 19 % des salariés fédéraux, contre 13 % de la population active, et les coupes les exposent.

Le chiffre clé : 7 %, taux de chômage des travailleurs noirs aux États-Unis en septembre.

Un écart de 3,4 points qui s'ouvre en un seul mois

Les chiffres du Bureau of Labor Statistics (BLS), publiés vendredi, tracent une ligne nette. En septembre, 7 % des travailleurs noirs américains étaient au chômage, contre 3,6 % des travailleurs blancs. Il y a presque deux chômeurs noirs pour un chômeur blanc.

Le plus frappant, c'est la vitesse. En un mois, le taux des travailleurs noirs a gagné un point entier. Celui des travailleurs blancs, lui, a à peine bougé. L'écart n'a rien d'une pente lente : il s'est ouvert d'un coup.

C'est une fracture ancienne du marché du travail américain. Elle se creuse de nouveau au moment précis où les entreprises recrutent beaucoup moins.

Les femmes noires paient le prix le plus lourd

Selon le Joint Center for Political and Économic Studies, la dégradation touche surtout les femmes noires. Leur taux de chômage est passé de 5,9 % à 7,3 % en un mois. Chez les hommes noirs, la hausse est plus modérée.

GroupeAoûtSeptembre
Femmes noires5,9 %7,3 %
Hommes noirs6,2 %6,7 %
Ensemble des actifs4,1 %4,2 %

Le taux national n'a donc progressé que d'un dixième de point. La moyenne reste presque calme alors qu'une partie des salariés décroche nettement. Un indicateur global peut masquer des réalités très différentes selon les groupes.

Seulement 29 000 emplois créés, très loin des prévisions

Septembre n'a pas été mauvais que pour les travailleurs noirs. Toute l'économie américaine ralentit. Elle a créé 29 000 emplois, quand les économistes interrogés par Reuters en attendaient environ 90 000.

Les créations de juillet et d'août ont par ailleurs été corrigées à la baisse, de 60 000 postes au total. Le tableau est donc plus fragile que ce que l'on pensait il y a quelques semaines.

Le chômage national reste pourtant contenu : 4,2 %, contre 4,1 % le mois précédent. Plusieurs économistes décrivent un marché « low hire, low fire » : les entreprises licencient encore peu, mais embauchent nettement moins. Dans ce contexte, retrouver un poste prend plus de temps pour ceux qui le cherchent.

Les coupes dans l'administration fédérale aggravent l'exposition

Quand la conjoncture se retourne, les économistes surveillent traditionnellement l'emploi des minorités. Les travailleurs noirs subissent historiquement des hausses de chômage plus fortes pendant les ralentissements. Ils mettent aussi plus de temps à retrouver leur niveau d'emploi après une récession. L'Économic Policy Institute souligne que ce schéma s'est répété lors des principaux ralentissements américains des quatre dernières décennies.

Cette fois, un facteur s'ajoute : les réductions d'effectifs engagées depuis 2025 dans l'administration fédérale. D'après une analyse de la Brookings Institution, les salariés noirs représentaient environ 19 % des agents fédéraux, alors qu'ils pèsent environ 13 % de la population active américaine.

Quand un employeur qui supprime des postes compte une telle proportion de salariés noirs, l'effet se voit vite dans les statistiques. Autour de Washington, les suppressions de postes publics ont contribué à une hausse particulièrement forte du chômage des travailleurs noirs.

Deux visions opposées pour relancer l'emploi

Sur la réponse à apporter, les positions divergent. Donald Trump défend sa politique de restriction de l'immigration : selon lui, une baisse de l'offre de travailleurs étrangers doit favoriser l'emploi et les salaires des Américains, notamment des travailleurs noirs. Le New York Times relève que de nombreux économistes contestent l'existence d'un tel effet mécanique.

De l'autre côté, la représentante démocrate Ayanna Pressley a remis sur la table en septembre une proposition de garantie fédérale de l'emploi. L'idée : offrir un poste financé par l'argent public aux personnes qui ne trouvent pas de travail dans le privé.

Ce qu'il faut retenir de la séquence :

  • l'écart de chômage entre travailleurs noirs et blancs a presque doublé le rapport en un mois ;
  • les embauches ralentissent plus vite que les licenciements ;
  • les coupes dans le secteur public ont pesé sur un groupe très représenté dans ses effectifs.

Au-delà du débat, cette remontée brutale est un signal faible pour toute l'économie américaine. Elle montre où le ralentissement des embauches commence à faire mal.

Vos questions

Quel est le taux de chômage des travailleurs noirs aux États-Unis ?

Il a atteint 7 % en septembre, contre 3,6 % pour les travailleurs blancs, selon le Bureau of Labor Statistics. En un mois, il a gagné un point. Celui des travailleurs blancs est resté pratiquement stable.

Pourquoi les travailleurs noirs sont-ils plus exposés aux suppressions de postes fédérales ?

Selon la Brookings Institution, ils représentaient environ 19 % des salariés fédéraux, contre environ 13 % de la population active américaine. Les réductions d'effectifs engagées depuis 2025 les ont donc davantage touchés. Autour de Washington, elles ont fortement pesé sur la hausse du chômage.

Que veut dire « low hire, low fire » ?

L'expression décrit un marché où les entreprises licencient encore peu, mais embauchent beaucoup moins. En septembre, les États-Unis n'ont créé que 29 000 emplois, contre environ 90 000 attendus. Plusieurs économistes l'utilisent pour qualifier la situation actuelle.

Sources : latribune.fr.