Choose Outre-mer, premier sommet à Paris : ce qui change pour les entrepreneurs et salariés ultramarins
Premier sommet Choose Outre-mer à Paris : un fonds pour les PME, neuf start-up en concours et près d'un millier d'offres d'emploi.
Vous créez une entreprise en Guyane, en Polynésie ou à La Réunion, ou vous songez à rentrer d'Hexagone pour y travailler ? Le gouvernement réunit pour la première fois investisseurs et entrepreneurs à Paris, avec un fonds dédié aux PME et près d'un millier d'offres d'emploi à la clé.
En bref
- La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou réunit à Paris investisseurs et entrepreneurs pour la première édition du sommet « Choose Outre-mer ».
- Un fonds d'investissement à impact public-privé, piloté par INCO Ventures, doit renforcer les fonds propres des PME ultramarines.
- Près d'un millier d'offres d'emploi visent à faire revenir les talents partis dans l'Hexagone, à Paris et dans cinq territoires.
Le chiffre clé : près de 300 millions d'euros, engagés par France 2030 pour une centaine de projets productifs outre-mer.
Le gouvernement change de logiciel : miser sur les atouts plutôt que sur les handicaps
Pendant des années, la politique économique tournée vers les territoires ultramarins est partie de leurs difficultés : l'éloignement, l'insularité. L'exécutif veut inverser la logique. Le sommet « Choose Outre-mer », organisé à Paris pour la première fois, doit incarner ce virage que la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, qualifie de « radical ».
Quels sont les atouts mis en avant ? La biodiversité tropicale et l'économie bleue, c'est-à-dire l'ensemble des activités liées à la mer. Pour les faire fructifier, la journée met en relation des porteurs de projets avec de gros acteurs financiers : la Banque des Territoires, EDF ou encore le groupe Bernard Hayot.
« Pendant longtemps, nous avons pensé leur développement d'abord à partir de leurs contraintes »
Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, citée par BFMTV
La ministre ne propose pas de supprimer les dispositifs de compensation, qu'elle juge toujours nécessaires. Mais selon elle, ils ne suffisent pas à bâtir une stratégie économique. L'objectif affiché : sortir de la dépendance pour produire plus d'investissements, d'activité, de valeur et d'emplois sur place.
Un fonds public-privé et neuf start-up en piste pour convaincre les financeurs
Le sommet sert aussi de rampe de lancement à un fonds d'investissement à impact, mêlant argent public et privé. Il est piloté par la société de gestion INCO Ventures. Son rôle : apporter de l'argent frais pour consolider les fonds propres des petites et moyennes entreprises, afin qu'elles puissent conquérir les marchés de leur région.
Pour un dirigeant de PME, l'enjeu est concret. Des fonds propres plus solides, c'est plus de marge pour investir, recruter ou répondre à un appel d'offres. Reste à voir comment les entreprises pourront accéder à ce fonds, et à quelles conditions.
Côté jeunes entreprises, neuf start-up passent devant les financeurs lors d'un concours de présentations chronométrées. Parmi elles, Tahiti Marine Biotech en Polynésie et Biofuel à La Réunion. Chacune espère décrocher des financements « pour changer d'échelle ». L'exercice est court, direct, et pensé pour que les banquiers repartent avec des noms de projets en tête.
Un recrutement géant pour freiner la fuite des jeunes diplômés vers l'Hexagone
Des capitaux sans compétences, cela ne mène pas loin. Plusieurs bassins d'emploi ultramarins perdent leurs jeunes diplômés, partis travailler dans l'Hexagone. Si les entreprises ne trouvent pas de profils qualifiés sur place, les ambitions du sommet risquent de rester lettre morte.
Pour répondre à ce problème, un événement de recrutement se déroule en même temps à Paris et dans cinq territoires, de la Guadeloupe à Mayotte. Il est piloté par Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail, et Annelore Coury, patronne de l'Apec.
Près d'un millier d'offres sont proposées. Le principe est simple : mettre face à face des employeurs ultramarins et des salariés ou cadres originaires de ces territoires, aujourd'hui installés dans l'Hexagone. Si vous êtes dans ce cas, c'est une occasion de comparer directement des postes sur place avec votre situation actuelle.
Les chiffres à retenir de cette offensive économique
Voici les repères chiffrés de cette première édition et du dispositif qui l'entoure.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Start-up en concours devant les financeurs | 9 |
| Offres d'emploi proposées | Près d'un millier |
| Territoires du recrutement simultané | Cinq, plus Paris |
| Montant engagé par France 2030 outre-mer | Près de 300 millions d'euros |
| Projets productifs soutenus par France 2030 | Une centaine |
Cette offensive s'inscrit dans le sillage de France 2030, le plan national d'investissement. Depuis son lancement, il a déjà permis d'engager près de 300 millions d'euros pour une centaine de projets productifs outre-mer. Le sommet cherche à prolonger cet élan en y associant davantage de capitaux privés.
Ce que cela change concrètement selon votre profil
Cette journée ne crée pas de nouvelle règle de droit du travail. Elle ouvre surtout des portes. Selon votre situation, voici ce qu'elle offre.
- Dirigeant de PME ou entrepreneur ultramarin : un accès direct à des acteurs comme la Banque des Territoires, EDF ou le groupe Bernard Hayot, et un nouveau fonds destiné à renforcer les fonds propres.
- Fondateur de start-up : un concours chronométré pour présenter son projet à des financeurs, avec l'espoir de changer d'échelle.
- Salarié ou cadre parti dans l'Hexagone : près d'un millier d'offres, avec des employeurs ultramarins en face à face.
- Employeur local : une chance de retrouver des profils qualifiés, alors que les jeunes diplômés quittent souvent le territoire.
Reste la question de la durée. Un sommet de lancement ne suffit pas à inverser une tendance de fond. Les résultats se mesureront aux financements réellement débloqués et aux embauches signées dans les mois qui viennent.
Vos questions
Qu'est-ce que le sommet « Choose Outre-mer » ?
C'est une journée organisée à Paris par la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, pour attirer des capitaux privés vers les territoires ultramarins. Il s'agit de la première édition. Elle réunit investisseurs et entrepreneurs autour des atouts locaux, comme la biodiversité tropicale et l'économie bleue.
À quoi sert le nouveau fonds d'investissement annoncé ?
Ce fonds à impact public-privé est piloté par la société de gestion INCO Ventures. Il doit apporter de l'argent frais pour consolider les fonds propres des PME. L'objectif est de les aider à conquérir les marchés régionaux.
Combien d'offres d'emploi sont proposées et où ?
Près d'un millier d'offres sont proposées lors d'un événement organisé en simultané à Paris et dans cinq territoires, de la Guadeloupe à Mayotte. Il est piloté par Thibaut Guilluy (France Travail) et Annelore Coury (Apec). Il vise à mettre en contact les employeurs ultramarins et les talents partis dans l'Hexagone.
Sources : BFMTV.





