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« Il y a une impression de fébrilité » : Patrick Martin chiffre à près de 20 milliards l'effort des entreprises

Patrick Martin, patron du Medef, chiffre à près de 20 milliards d'euros les prélèvements sur les entreprises dans le budget 2027. Le détail des mesures.

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« Il y a une impression de fébrilité » : Patrick Martin chiffre à près de 20 milliards l'effort des entreprises

Vous dirigez une PME ou vous encadrez une équipe : le budget 2027 vous concerne. Patrick Martin, président du Medef, estime à près de 20 milliards d'euros les prélèvements et surtaxes pour les entreprises. Il craint un coût du travail plus lourd et des marges réduites, et réclame d'autres économies.

En bref

  • Le Medef estime à près de 20 milliards d'euros les prélèvements et surtaxes du budget 2027 pour les entreprises.
  • Deux mesures sur les cotisations patronales sont visées : 3,7 milliards d'euros attendus d'un côté, 2,9 milliards de l'autre.
  • La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, reconduite une troisième année, rapporterait encore environ 5 milliards d'euros.

Le chiffre clé : 20 milliards d'euros, prélèvements et surtaxes que le Medef estime peser sur les entreprises.

Près de 20 milliards d'euros : le calcul du Medef sur le budget 2027

Vendredi, sur Radio Classique, Patrick Martin a réagi à la présentation du budget 2027, faite la veille. Le président du Medef avance un chiffre qui structure toute sa réaction : près de 20 milliards d'euros de prélèvements et de surtaxes qui vont frapper les entreprises. Précision utile : il s'agit du calcul avancé par l'organisation patronale.

Le patron des patrons ne conteste pas le constat de départ. Il reconnaît que la situation de la France « n'est pas bonne, on est même en légère récession ». Sa critique porte sur la réponse choisie : « les remèdes vont aggraver la situation », estime-t-il.

Premier grief : le coût du travail, que les mesures vont renchérir selon lui. Pour un employeur, c'est le cœur du débat. Patrick Martin le résume sans détour :

on vient rogner la marge de manœuvre des entreprises, c'est absurde

Patrick Martin, président du Medef, sur Radio Classique

Deux mesures sur les cotisations patronales sont dans le viseur du Medef

Patrick Martin cible les allègements de cotisations patronales. Le gouvernement veut y toucher de deux façons, et chacune a un montant précis.

La première : intégrer l'intéressement et la participation dans le calcul de ces allègements. Cette mesure rapporterait environ 3,7 milliards d'euros.

La seconde : geler les allègements sur les bas salaires malgré l'évolution du Smic. Elle représenterait 2,9 milliards d'euros supplémentaires.

Si votre entreprise verse de l'intéressement ou de la participation, le sujet vous concerne directement : ces sommes entreraient dans le calcul des allègements. Le gel des allègements sur les bas salaires compte aussi pour vous si vous employez du personnel rémunéré près du Smic. C'est précisément ce renchérissement du coût du travail que dénonce le président du Medef.

La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises entame une troisième année

Le Medef critique aussi la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises. Elle est reconduite pour une troisième année, « alors qu'elle ne devait durer qu'un an », rappelle Patrick Martin.

Elle sera certes réduite, mais le gouvernement en attend encore environ 5 milliards d'euros pour l'État. Le président du Medef en tire un jugement d'ensemble : tout cela ne va pas dans le bon sens, selon lui.

Voici les trois chantiers chiffrés, tels qu'ils ont été rapportés lors de cette intervention :

MesureMontant attendu
Intéressement et participation intégrés au calcul des allègements patronauxenviron 3,7 milliards d'euros
Gel des allègements sur les bas salaires malgré l'évolution du Smic2,9 milliards d'euros supplémentaires
Surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, réduite mais reconduiteenviron 5 milliards d'euros

Le chiffre global de près de 20 milliards d'euros reste, lui, l'estimation du Medef sur l'ensemble des prélèvements et surtaxes.

Le Medef dénonce une improvisation, avec de nouvelles taxes en cours de route

Patrick Martin ne s'en tient pas aux chiffres. Il décrit aussi une méthode : « On a d'abord reçu une lettre rassurante du gouvernement puis des signaux contradictoires ».

Il y voit « une forme d'improvisation », avec l'apparition de nouvelles taxes. L'exemple qu'il cite : l'extension de la taxe sur les produits sucrés. Et il conclut sur le climat qui règne selon lui au sommet : « une impression de fébrilité ».

Pour un dirigeant de PME qui prépare son année, le message du Medef est clair : les règles ont bougé en cours de route, d'abord rassurantes, ensuite contradictoires. Le patronat réclame de la lisibilité autant que des allègements.

Pour le Medef, la solution passe par les retraites, l'assurance chômage et l'administration

Patrick Martin ne se contente pas de critiquer : il désigne les réformes qu'il aurait voulu voir aboutir. Selon lui, « il ne fallait pas revenir sur la réforme des retraites et aller au bout de celle de l'assurance chômage ».

Il vise également « les collectivités locales arc-boutées sur leurs pactoles ».

Il appelle une nouvelle fois à s'attaquer aux dépenses « de la sphère sociale », « pas en réduisant les postes de soignants mais dans l'administration, c'est une évidence ».

Son argument : le secteur privé perd des emplois alors que la fonction publique augmente ses effectifs. « On voit l'augmentation du nombre de fonctionnaires, c'est n'importe quoi », assène-t-il.

Vos questions

Combien le Medef estime-t-il l'effort demandé aux entreprises dans le budget 2027 ?

Patrick Martin l'évalue à près de 20 milliards d'euros de prélèvements et de surtaxes. Il l'a dit sur Radio Classique, au lendemain de la présentation du budget. C'est une estimation du Medef, qui juge que ces mesures vont aggraver la situation.

Quelles mesures touchent les cotisations patronales ?

Le gouvernement veut intégrer l'intéressement et la participation dans le calcul des allègements, pour environ 3,7 milliards d'euros. Il veut aussi geler les allègements sur les bas salaires malgré l'évolution du Smic, pour 2,9 milliards d'euros supplémentaires.

Que propose le Medef à la place ?

Patrick Martin plaide pour ne pas revenir sur la réforme des retraites et pour aller au bout de celle de l'assurance chômage. Il réclame aussi des économies sur les dépenses de la sphère sociale, dans l'administration plutôt que sur les postes de soignants.

Sources : BFMTV.