Management & leadership

Romy Castel écarte Grégory Clerc de la holding IBBM à Singapour : la course pour le contrôle de Castel s'accélère

La Haute Cour de Singapour a confirmé le 2 octobre la révocation de Grégory Clerc d'IBBM. Romy Castel reprend l'avantage chez Castel.

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Romy Castel écarte Grégory Clerc de la holding IBBM à Singapour : la course pour le contrôle de Castel s'accélère

Pierre Castel fêtera ses 100 ans le 17 octobre, et sa succession se règle devant les juges. À Singapour, la Haute Cour a confirmé le 2 octobre la révocation du PDG Grégory Clerc de la holding IBBM. Son adversaire, Romy Castel, prend la main. Reste à savoir qui contrôlera le groupe.

En bref

  • Singapour confirme le 2 octobre la révocation de Grégory Clerc et Pierre Baer comme administrateurs d'IBBM.
  • Romy Castel, fille du fondateur Pierre Castel, bientôt centenaire, est soutenue par deux branches de la famille sur cinq.
  • Les sociétés mères DF et Cassiopée soutiennent Grégory Clerc et veulent remplacer IBBM par une autre instance de décision.

Le chiffre clé : 6,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires du groupe Castel, dont le contrôle est en jeu.

La Haute Cour de Singapour a tranché le 2 octobre en faveur de Romy Castel

Dix mois de bras de fer, et un premier verdict net. Le 2 octobre, la Haute Cour de Singapour a confirmé la révocation de Grégory Clerc et de son allié Pierre Baer de leurs postes d'administrateurs d'IBBM. Cette société de droit singapourien est la holding qui pilote la gestion du groupe Castel.

Les juges ont aussi estimé que Romy Castel exerçait ses droits de vote au sein d'IBBM de façon pleinement légitime. Grégory Clerc le contestait. Il perd sur ce point.

Le camp de Romy Castel rapporte que les deux hommes ont été condamnés à payer les frais sur une base indemnitaire, et à rembourser ceux qu'elle a engagés. Il ajoute que le juge a jugé leurs arguments « fragiles et frivoles », en anglais « flimsy and frivolous ». Cette version est celle de Romy Castel et de ses cousins Alain et Philippe, qui s'en réjouissent.

Deux administrateurs révoqués, quatre noms confirmés à la tête d'IBBM

Voici ce que la décision change dans la composition du conseil d'IBBM.

PersonneSituation après la décision
Grégory ClercPDG de Castel, révocation d'administrateur confirmée
Pierre BaerAllié de Grégory Clerc, révocation confirmée
Romy CastelFille du fondateur, nomination confirmée
Chua PinNomination confirmée
François WertheimerNomination confirmée
Philippe DamasNomination confirmée

Romy Castel n'est pas seule. Ses cousins Alain et Philippe Castel la soutiennent. Ils représentent deux branches sur les cinq que compte la famille. Les trois autres n'ont pas fait connaître leur position. Le rapport de force familial reste donc ouvert.

Depuis plus de dix mois, Romy Castel réclame le renvoi de Grégory Clerc, le successeur de son père à la tête du groupe. Le verdict de Singapour est une victoire décisive sur ce terrain.

Qui contrôle IBBM contrôle Castel : pourquoi tout se joue à Singapour

Le groupe Castel pèse 6,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Il est actif dans la bière en Afrique et dans le vin en France. Sa gouvernance obéit aux règles d'un trust. Selon ces règles, seule IBBM peut décider de la façon dont le groupe est gouverné.

D'où la bataille menée pour son contrôle. Plusieurs assemblées générales et conseils d'administration ont fini par bloquer le fonctionnement de cette société financière. C'est ce blocage que la Haute Cour a dû trancher.

« La clé de ce litige est à Singapour. Qui contrôle IBBM, contrôle Castel. »

Un ancien dirigeant du groupe, cité par Challenges

La guerre ne s'est pas jouée qu'à Singapour. En juin dernier, Alain Castel a été évincé de la direction de la branche Castel Vins. Les affrontements se sont multipliés entre les deux factions.

DF et Cassiopée serrent les rangs autour de Grégory Clerc

La réponse du camp adverse est arrivée vite. Les administrateurs de DF et de Cassiopée, deux sociétés mères du groupe Castel, ont publié un communiqué. Ils y renouvellent leur soutien à Grégory Clerc.

Ces deux sociétés avaient déjà exclu les membres de la famille de leurs instances. Elles souhaitent désormais qu'IBBM soit remplacée par une autre instance, chargée de donner les directives au groupe.

Ce changement est déjà amorcé. Mais IBBM est maintenant aux mains de Romy Castel et de ses cousins. Tout dépend donc de la vitesse de chacun.

Une course contre la montre s'engage pour le contrôle du groupe

Voici l'enjeu. IBBM peut renouveler les conseils d'administration dont les membres actuels sont favorables à Grégory Clerc. Elle pourrait ainsi écarter le PDG de Castel. Le camp Clerc doit donc installer son instance de remplacement avant. Rien ne dit qu'il sera assez rapide.

Trois points à surveiller dans les prochaines semaines :

  • le renouvellement éventuel des conseils d'administration par IBBM ;
  • la mise en place d'une autre instance pour remplacer IBBM ;
  • la position des trois branches de la famille qui ne se sont pas prononcées.

Pour les salariés, cadres et partenaires du groupe, l'enjeu est la stabilité de la direction. Pierre Castel fêtera ses 100 ans le 17 octobre. Les décisions connues portent pour l'instant sur la gouvernance, pas sur l'organisation ou l'emploi.

Vos questions

Grégory Clerc est-il toujours PDG de Castel ?

La décision de la Haute Cour porte sur ses fonctions d'administrateur d'IBBM. Il reste soutenu par les administrateurs de DF et de Cassiopée. IBBM, désormais contrôlée par Romy Castel et ses cousins, pourrait chercher à l'écarter en renouvelant des conseils d'administration.

Pourquoi un tribunal de Singapour décide-t-il pour un groupe français ?

Selon les règles du trust qui régit Castel, IBBM, société de droit singapourien, est la seule à pouvoir décider de la gouvernance du groupe. La Haute Cour a donc été appelée à trancher sur son contrôle, après des blocages en assemblées et en conseils.

Qui soutient Romy Castel dans la famille ?

Ses cousins Alain et Philippe Castel la soutiennent, soit deux branches sur les cinq de la famille. Les trois autres branches n'ont pas fait connaître leur position.

Sources : Challenges.