Transformation digitale

« Sans Made in Europe, il y aura des pertes d’emplois massives » : le patron de Valeo alerte avant le Salon de Paris

Le patron de Valeo réclame 75 % de contenu européen dans les voitures vendues en Europe et chiffre le risque : 15 000 emplois par point perdu.

Par
« Sans Made in Europe, il y aura des pertes d’emplois massives » : le patron de Valeo alerte avant le Salon de Paris

Votre emploi dépend-il de l’automobile, chez un constructeur, un équipementier ou un sous-traitant ? Le patron de Valeo tire la sonnette d’alarme : il réclame 75 % de contenu européen dans les voitures vendues en Europe et avance que chaque point perdu pourrait coûter 15 000 emplois. Emmanuel Macron a missionné les patrons de Michelin et de BMW.

En bref

  • Christophe Perillat, directeur général de Valeo, demande 75 % de contenu « Made in Europe » dans toutes les voitures vendues sur le continent.
  • Selon lui, chaque point de contenu européen perdu pourrait coûter 15 000 emplois, avec des pertes « massives » si Bruxelles ne protège pas sa production.
  • Emmanuel Macron a missionné les patrons de Michelin et de BMW pour trouver un accord sur la préférence européenne dans l’automobile.

Le chiffre clé : 15 000 emplois, menacés par chaque point de contenu européen perdu, selon le patron de Valeo.

Valeo veut 75 % de contenu européen dans chaque voiture vendue en Europe

La proposition de Christophe Perillat tient en une règle. Toute voiture vendue en Europe devrait contenir 75 % de « Made in Europe », quelle que soit la nationalité de son constructeur. Le directeur général de Valeo défend cette idée depuis deux ans.

Il l’a détaillée dans un entretien accordé à Challenges, à quelques jours du Salon de l’auto de Paris. Son message est direct : sans cette règle, l’industrie européenne risque de perdre sa base industrielle, donc des postes.

Valeo est un équipementier. L’entreprise fournit des composants aux constructeurs, et c’est tout ce tissu de fournisseurs que le patron veut protéger. Si vous travaillez dans l’automobile, la question vous concerne donc que votre employeur porte une marque connue ou non.

Un risque chiffré : 15 000 emplois par point de contenu européen perdu

Le chiffre est le cœur de l’alerte. D’après Christophe Perillat, chaque point de contenu européen perdu pourrait coûter 15 000 emplois. Il parle de pertes « massives » si Bruxelles ne protège pas davantage sa production.

Il s’agit d’une estimation avancée par un dirigeant qui défend sa filière. Elle n’est pas une prévision officielle. Mais elle donne l’ordre de grandeur que l’industrie met sur la table avant les discussions à venir.

ÉlémentPosition défendue
Contenu européen demandé75 % dans les voitures vendues en Europe
Champ d’applicationTous les constructeurs, quelle que soit leur nationalité
Risque évoqué15 000 emplois par point de contenu européen perdu
Menace principaleLa concurrence des constructeurs chinois

Pourquoi l’industrie européenne se sent sous pression

Le contexte décrit est celui d’un secteur sous tension. Les constructeurs chinois montent en puissance, les coûts restent élevés en Europe et le marché peine à retrouver ses niveaux d’avant-Covid.

Dans cette situation, l’industrie européenne cherche à défendre sa base de production. Le sujet ne concerne pas seulement les ingénieurs ou les ouvriers d’usine. Il touche aussi les fournisseurs, les sous-traitants et les managers qui dépendent de ces carnets de commandes.

L’entretien évoque aussi les fermetures d’usines, le prix des voitures et les normes européennes, autant de sujets sur lesquels le patron de Valeo s’exprime sans détour.

L’argument de la réciprocité : « défendre son industrie et pas seulement ses consommateurs »

Pour Christophe Perillat, la question est d’abord celle de la réciprocité. Selon lui, toutes les grandes régions du monde exigent qu’une voiture vendue sur leur territoire y soit assemblée, avec des composants locaux. Il cite l’Amérique du Nord et l’Inde.

Il rappelle aussi ce qui s’est passé en Chine il y a trente ans : les constructeurs européens et japonais y ont installé des usines et fabriqué sur place avec des composants assemblés localement. Sa conclusion : « On doit appliquer les mêmes règles. »

« Mon combat, c’est de réussir à changer la doctrine de l’Europe pour qu’elle se décide à défendre son industrie et pas seulement ses consommateurs. »

Christophe Perillat, directeur général de Valeo, dans Challenges

La phrase résume le débat. Défendre le consommateur, c’est viser des prix bas. Défendre l’industrie, c’est protéger les emplois. Le patron de Valeo demande à l’Europe de ne plus choisir un seul des deux.

Macron missionne les patrons de Michelin et de BMW sur la préférence européenne

Le dossier est déjà politique. Emmanuel Macron a missionné les dirigeants de Michelin et de BMW pour trouver un accord sur la préférence européenne dans l’automobile.

Le choix de ces deux entreprises est parlant : un manufacturier de pneumatiques français et un constructeur allemand. Les détails de leur mission et son calendrier ne figurent pas dans les éléments disponibles.

Pour le lecteur, le point à suivre est simple. Un accord sur le contenu européen peut influencer où les voitures vendues en Europe sont fabriquées, et donc où se trouvent les emplois. Gardez un œil sur les annonces qui suivront le Salon de l’auto de Paris.

Vos questions

Que demande exactement le patron de Valeo ?

Christophe Perillat réclame que les voitures vendues en Europe contiennent 75 % de « Made in Europe ». La règle s’appliquerait à tous les constructeurs, quelle que soit leur nationalité.

Combien d’emplois seraient menacés ?

Selon le directeur général de Valeo, chaque point de contenu européen perdu pourrait coûter 15 000 emplois. Il s’agit de son estimation, accompagnée d’un avertissement sur des pertes « massives » si Bruxelles ne protège pas davantage sa production.

Que fait le gouvernement sur ce dossier ?

Emmanuel Macron a missionné les patrons de Michelin et de BMW pour trouver un accord sur la préférence européenne dans l’automobile. Le contenu précis de cet accord n’est pas encore connu.

Sources : Challenges, Le Monde.