70 766 défaillances d'entreprises en douze mois : pourquoi la Banque de France ne parle plus de rattrapage
La Banque de France compte 70 766 défaillances sur douze mois à fin août, soit 4,8 % de plus en un an. Ce que ce niveau dit de la conjoncture.
Votre employeur, votre client ou votre fournisseur peut être touché : 70 766 entreprises ont fait l'objet d'un redressement ou d'une liquidation judiciaire sur les douze mois à fin août. Le chiffre reste stable par rapport à juillet, mais la Banque de France n'invoque plus le rattrapage post-Covid. Elle parle désormais de conjoncture dégradée.
En bref
- Le cumul sur douze mois atteint 70 766 défaillances à fin août, contre 70 692 en juillet.
- La hausse est de 4,8 % sur un an et de 19,3 % face à la décennie 2010-2019.
- La Banque de France n'invoque plus le rattrapage post-Covid et parle de conjoncture dégradée et de chocs successifs.
Le chiffre clé : 70 766, défaillances d'entreprises sur douze mois à fin août 2026.
70 766 procédures sur douze mois, presque autant qu'en juillet
Le décompte de la Banque de France, annoncé vendredi, porte sur les douze mois glissants arrêtés fin août. Il s'élève à 70 766 défaillances, c'est-à-dire des redressements et des liquidations judiciaires. En juillet, le cumul était de 70 692. L'écart est minime : le niveau est quasi stable d'un mois sur l'autre.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Défaillances sur douze mois, fin août | 70 766 |
| Défaillances sur douze mois, fin juillet | 70 692 |
| Évolution sur un an, août | +4,8 % |
| Évolution sur un an, juillet | +4,8 % |
| Écart avec la période 2010-2019, août | +19,3 % |
Stable ne veut pas dire rassurant. Le cumul dépasse 70 000, et la hausse sur un an est de 4,8 % en août comme en juillet. Le rythme ne ralentit donc pas par rapport à l'an dernier : il se maintient à un niveau haut.
Pour mesurer l'ampleur, il faut regarder la décennie qui a précédé le Covid. Par rapport à 2010-2019, la hausse atteint 19,3 % en août. Nous ne sommes plus du tout dans une année ordinaire d'avant-crise sanitaire.
Le rattrapage post-Covid n'explique plus rien
Pendant longtemps, la Banque de France a expliqué la progression des défaillances par un rattrapage. Durant le Covid, très peu d'entreprises tombaient, grâce aux aides du gouvernement. Les faillites retardées étaient censées finir par arriver, et c'est ce qu'on observait.
Cette lecture a disparu du discours. Depuis un certain temps, l'institution ne l'évoque plus. Le signal compte : si le rattrapage ne suffit plus à expliquer les chiffres, c'est que les difficultés viennent désormais d'autre chose.
Pour un dirigeant de PME, la nuance est de taille. Un niveau élevé n'est plus présenté comme une parenthèse qui se refermerait d'elle-même. C'est un état de fait avec lequel il faut composer.
Conjoncture dégradée, chocs successifs et incertitudes : le diagnostic officiel
Dans son communiqué, la Banque de France donne ses raisons. Elle ne parle plus de mécanique post-Covid, mais d'un environnement économique qui pèse sur les comptes des entreprises.
« Le niveau des défaillances, toujours élevé, s'explique notamment par la conjoncture dégradée, ainsi que par les chocs successifs et incertitudes qui ont fragilisé la situation financière de certaines entreprises »
Banque de France, communiqué sur les défaillances d'août
Trois éléments ressortent : la conjoncture, les chocs qui se sont enchaînés, et l'incertitude. Ensemble, ils ont fragilisé la situation financière de certaines entreprises. Le mot est important : certaines, pas toutes.
L'adverbe « notamment » signale aussi que la liste n'est pas exhaustive. La Banque de France ne prétend pas isoler une cause unique.
Plus de 1,2 million d'entreprises créées : le tissu continue de grossir
Le tableau n'est pas uniformément sombre. La Banque de France souligne que la population d'entreprises continue de s'accroître. À fin août 2026, plus de 1,2 million d'entreprises ont été créées sur douze mois glissants, soit une hausse de 11,4 % par rapport au cumul à fin août 2025.
Les deux mouvements coexistent : beaucoup de créations, et un nombre élevé de procédures collectives. Pour l'entrepreneur, c'est un marché où l'on s'installe vite, mais où la solidité financière est mise à l'épreuve.
L'institution note aussi que la stabilité se constate dans la plupart des secteurs d'activité et des tailles d'entreprises. Le niveau haut n'est donc pas concentré sur un seul métier ou sur les seules petites structures.
Ce que ce niveau veut dire pour salariés, managers et dirigeants
Une défaillance correspond à l'ouverture d'une procédure collective avec dépôt d'une déclaration de cessation de paiement. Concrètement, il s'agit de redressements et de liquidations judiciaires. Ce sont ces situations que mesure le chiffre de 70 766.
Pour un salarié, un redressement ou une liquidation judiciaire change la donne dans l'entreprise concernée. Pour un manager ou un dirigeant, ce sont des clients, des fournisseurs ou des concurrents qui peuvent basculer. Le chiffre est national : il ne dit rien de la situation de votre employeur ou de votre secteur en particulier.
Ce qu'il apporte, c'est un cadre de lecture. Avec un niveau durablement supérieur de 19,3 % à celui de la décennie 2010-2019, les procédures collectives ne sont plus un événement rare dans la vie économique. Le prochain point mensuel de la Banque de France dira si le plateau actuel tient.
Vos questions
Qu'appelle-t-on une défaillance d'entreprise ?
C'est l'ouverture d'une procédure collective donnant lieu au dépôt d'une déclaration de cessation de paiement. Le comptage de la Banque de France recouvre donc les redressements et les liquidations judiciaires.
Les défaillances augmentent-elles encore en août ?
Le cumul sur douze mois est resté pratiquement stable : 70 766 en août contre 70 692 en juillet. La hausse sur un an reste de 4,8 %, et le niveau dépasse de 19,3 % celui de la période 2010-2019.
Pourquoi la Banque de France ne parle-t-elle plus de rattrapage post-Covid ?
Elle a longtemps expliqué la hausse par un rattrapage, car très peu d'entreprises tombaient pendant le Covid grâce aux aides du gouvernement. Elle a cessé depuis un certain temps d'évoquer cette explication. Elle met aujourd'hui en avant la conjoncture dégradée, les chocs successifs et les incertitudes.
Sources : BFMTV.





