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48 % des ex-salariés de Brandt ont retrouvé un emploi : ce que ce bilan dit du reclassement après une liquidation

Moins d'un an après la liquidation de Brandt, 168 anciens salariés inscrits à France Travail sont en activité. Ce que dit ce bilan.

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48 % des ex-salariés de Brandt ont retrouvé un emploi : ce que ce bilan dit du reclassement après une liquidation

Vous perdez votre poste dans une liquidation : combien de salariés retrouvent un emploi ? Chez Brandt, moins d'un an après la fermeture, 168 des 352 anciens salariés inscrits à France Travail sont en activité, soit près de 48 %. Un chiffre à lire à la lumière de ce que l'on observe d'ordinaire après un licenciement.

En bref

  • Sur 352 anciens salariés des sites de Saint-Jean-de-la-Ruelle et de Saint-Ouen inscrits à France Travail, 168 sont en activité.
  • Saint-Jean-de-la-Ruelle affiche 43 % de retours à l'emploi, dont 59 CDI, contre 60 % à Saint-Ouen.
  • Une soixantaine d'ex-salariés contestent leur licenciement : audience devant les prud'hommes de Blois le 20 octobre.

Le chiffre clé : 48 % des anciens salariés inscrits à France Travail sont en activité, moins d'un an après la liquidation.

Sur 352 anciens salariés suivis, 168 ont retrouvé une activité

Une liquidation judiciaire ne laisse pas forcément tout le monde sur le carreau. Chez Brandt, ancien fleuron centenaire du gros électroménager (marques Brandt, Vedette, Sauter et De Dietrich), la liquidation a été prononcée en décembre 2025. Le groupe employait alors environ 700 personnes.

Moins d'un an plus tard, des chiffres officiels dressent un premier bilan pour les deux usines du Centre-Val de Loire. Celle de Saint-Jean-de-la-Ruelle, près d'Orléans, dans le Loiret, comptait 310 salariés. Celle de Saint-Ouen, dans le Loir-et-Cher, en comptait 96.

Parmi les 352 anciens salariés de ces deux sites inscrits à France Travail, 168 sont aujourd'hui en activité. Soit près de 48 %. Le périmètre compte : le calcul porte sur les personnes inscrites à France Travail issues de ces usines, pas sur tous les salariés du groupe.

France Travail juge ces résultats « plutôt bons ».

Saint-Ouen affiche 60 % d'actifs, Saint-Jean-de-la-Ruelle 43 %

Le bilan global cache un écart entre les deux usines. Dans le Loiret, 110 des 256 anciens salariés suivis ont retrouvé un emploi, dont 59 en CDI, selon la préfecture. Elle précise avoir elle-même recruté l'un d'entre eux.

SiteAnciens salariés suivisEn activitéPart
Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret)256110, dont 59 en CDI43 %
Saint-Ouen (Loir-et-Cher)965860 %
Ensemble des inscrits à France Travail352168près de 48 %

À Saint-Ouen, 58 personnes sur 96 sont en activité. S'y ajoutent 14 anciens salariés engagés dans un projet de reconversion et quatre dans un projet de création d'entreprise. Ils ne figurent pas parmi les personnes en activité, mais ils ont un projet en cours.

Le bilan dépasse la fourchette de l'Insee, mais la comparaison a ses limites

Pour juger ce chiffre, il faut un repère. Une note de l'Insee datée de 2023 estimait qu'un an après la fin de leur contrat, les personnes licenciées ou ayant signé une rupture conventionnelle avaient entre 42 et 47 % de chances d'occuper un emploi salarié dans le secteur privé.

Avec près de 48 %, le bilan global de Brandt se situe juste au-dessus. Saint-Ouen, à 60 %, passe nettement devant. Saint-Jean-de-la-Ruelle, à 43 %, reste dans la fourchette.

Prudence toutefois. Les deux mesures ne sont pas identiques : l'Insee parle d'emploi salarié dans le privé, tandis que les chiffres de Brandt comptent des personnes « en activité » parmi les inscrits à France Travail. Le délai n'est pas non plus exactement le même, puisque le bilan tombe moins d'un an après la liquidation.

Le préfet du Loir-et-Cher promet une solution pour tous à la fin de 2026

Les préfectures des deux départements, France Travail et la région Centre-Val de Loire mènent des actions qui vont de l'aide à la recherche d'emploi aux formations. Le préfet du Loir-et-Cher, Joseph Zimet, résume l'esprit de cet accompagnement.

« L'accompagnement, c'est voir les gens, leur redonner suffisamment confiance pour aller décrocher un boulot, une formation ou avoir un projet de reconversion. »

Joseph Zimet, préfet du Loir-et-Cher, à l'AFP

Il rappelle le caractère « traumatisant » de la disparition de Brandt. Et il s'engage : d'ici la fin de l'année 2026, chaque ancien salarié de Saint-Ouen aura trouvé une solution. C'est un objectif affiché, pas un résultat acquis.

Ce que ça change pour vous, si vous êtes confronté à une fermeture : l'issue ne se résume pas à un nouveau poste. Une formation ou un projet de reconversion font partie des parcours suivis, et l'accompagnement vise d'abord à redonner confiance pour franchir le pas.

Les prud'hommes et la revente des marques prolongent le dossier

Pour une partie des anciens salariés, l'histoire se poursuit devant la justice. Une soixantaine d'entre eux ont engagé des recours pour contester les conditions de la liquidation du groupe et leur licenciement. Leur avocat, Me Fiodor Rilov, a indiqué à l'AFP qu'une audience devant le conseil de prud'hommes de Blois est prévue le 20 octobre.

Côté industriel, les marques et les stocks du groupe ont été revendus en mars pour 18,6 millions d'euros à la Cafom, distributeur d'équipement de la maison dans les territoires d'outre-mer. Les marques ont donc un nouveau propriétaire.

Pour les anciens salariés, deux calendriers courent en parallèle : celui du retour à l'emploi, que les chiffres officiels commencent à mesurer, et celui de la justice, dont la prochaine étape est fixée à octobre.

Vos questions

Combien d'anciens salariés de Brandt ont retrouvé un emploi ?

Sur 352 anciens salariés des usines de Saint-Jean-de-la-Ruelle et de Saint-Ouen inscrits à France Travail, 168 sont en activité, soit près de 48 %. La part est de 43 % dans le Loiret et de 60 % dans le Loir-et-Cher.

Ce taux est-il bon pour un licenciement collectif ?

France Travail qualifie ces chiffres de « plutôt bons ». Une note de l'Insee de 2023 estimait entre 42 et 47 % la probabilité de retrouver un emploi salarié dans le privé un an après une rupture de contrat, mais les deux mesures ne sont pas strictement comparables.

Où en sont les recours des anciens salariés ?

Une soixantaine d'entre eux contestent les conditions de la liquidation du groupe et leur licenciement. Une audience devant le conseil de prud'hommes de Blois est prévue le 20 octobre.

Sources : BFMTV.