Facturation électronique : ce qui change pour les PME depuis le 1er septembre, et ce qui les attend en 2027
Un mois après le 1er septembre, 21 % des PME ont rencontré des bugs de facturation électronique, contre 64 % qui les redoutaient.
Vous craigniez des bugs, des partenaires pas prêts, des plateformes difficiles à utiliser ? Un mois après le 1er septembre, la réalité est moins sombre que prévu pour les dirigeants de PME. Mais l'adhésion recule, et l'échéance de septembre 2027 approche pour les plus petites entreprises.
En bref
- 21 % des entreprises ont rencontré des bugs en septembre, alors que 64 % redoutaient des difficultés avant le lancement.
- 54 % des dirigeants y voient une bonne chose, contre 59 % en 2025 et 69 % en 2024.
- Seuls 14 % des dirigeants se disent prêts pour le 1er septembre 2027, quand les plus petites entreprises devront émettre.
Le chiffre clé : 21 % des entreprises ont rencontré des bugs en septembre, contre 64 % qui les craignaient.
Les difficultés constatées en septembre sont bien moins fréquentes que celles redoutées
Avant le lancement, beaucoup de dirigeants s'attendaient au pire. Le baromètre Ipsos BVA réalisé pour Kolecto, une plateforme de facturation électronique filiale du Crédit Agricole, mesure l'écart entre la crainte et la pratique. Publié le jeudi 1er octobre, il repose sur les réponses de 503 dirigeants de PME.
Premier constat : 21 % des entreprises disent avoir rencontré des bugs en septembre. Elles étaient 64 % à redouter ce type de problème avant l'entrée en vigueur. Côté partenaires, 34 % ont eu affaire à des clients ou des fournisseurs insuffisamment préparés, alors que 59 % l'anticipaient.
| Difficulté | Redoutée avant le lancement | Constatée en septembre |
|---|---|---|
| Bugs | 64 % | 21 % |
| Clients ou fournisseurs pas assez préparés | 59 % | 34 % |
| Utilisation des plateformes agréées | 49 % | 21 % |
Les plateformes agréées, obligatoires pour cette réforme, ont donc causé moins de soucis qu'attendu. Un dirigeant sur cinq environ a eu du mal à s'en servir, alors que près d'un sur deux le craignait.
L'industrie est le secteur le plus exposé aux partenaires qui ne sont pas prêts
La moyenne cache de gros écarts. L'enquête relève de fortes disparités selon les secteurs, et l'industrie arrive en tête des difficultés. Dans ce secteur, 56 % des entreprises concernées déclarent avoir croisé des clients ou des fournisseurs qui n'étaient pas prêts.
C'est 22 points de plus que la moyenne observée, qui s'établit à 34 %. Le décalage est net : plus d'une entreprise industrielle sur deux a vu un partenaire arriver sans être préparé.
Le point de friction se situe donc moins dans l'outil que chez les interlocuteurs. Si vous travaillez dans l'industrie, ou si vous y comptez des clients, mieux vaut savoir où en sont vos principaux partenaires. Une facture bloquée ne dépend pas que de votre propre plateforme.
Une réforme mieux vécue, mais de moins en moins bien perçue
Le soulagement ne se transforme pas en enthousiasme. Selon l'étude, 54 % des dirigeants considèrent aujourd'hui la facturation électronique comme une bonne chose pour leur entreprise. La tendance est à la baisse depuis deux ans :
- 69 % en 2024
- 59 % en 2025
- 54 % aujourd'hui
Autrement dit, les craintes sur la mise en œuvre se sont en partie dissipées, mais l'adhésion au principe, elle, a reculé de 15 points en deux ans. Les dirigeants constatent que cela fonctionne mieux que prévu, sans pour autant être convaincus que cela leur apporte quelque chose.
Pour septembre 2027, seuls 14 % des dirigeants se disent prêts
La prochaine étape est fixée au 1er septembre 2027. À cette date, les plus petites entreprises devront à leur tour être en mesure d'émettre des factures électroniques. Si vous dirigez une très petite structure, c'est votre échéance.
Elles seront aussi soumises aux obligations de « e-reporting ». Concrètement, il s'agit de transmettre à l'administration fiscale des données sur deux types d'opérations : les transactions internationales et celles réalisées avec des clients non assujettis à la TVA.
Or le niveau de préparation reste faible. Seuls 14 % des dirigeants interrogés se déclarent prêts pour cette échéance, et 34 % ont engagé des préparatifs. Les PME semblent donc encore loin du compte, alors qu'il reste un peu moins d'un an.
88 % des dirigeants veulent une plateforme détenue par des actionnaires français
Le baromètre met aussi en évidence une forte sensibilité à la souveraineté numérique. 88 % des dirigeants souhaitent que la plateforme qu'ils utilisent soit détenue par des actionnaires français. Le sujet pèse dans le choix de l'outil, au même titre que la simplicité d'usage.
Pour lire ces résultats, gardez en tête leur origine. L'enquête a été réalisée par Ipsos BVA pour Kolecto, une plateforme de facturation électronique qui appartient au Crédit Agricole, auprès de 503 dirigeants de PME interrogés entre le 1er et le 18 septembre.
Le recul est court : un seul mois d'application. Les chiffres rassurent, mais ils décrivent un premier ressenti, pas un bilan définitif de la réforme.
Vos questions
Quelle est la prochaine étape de la réforme de la facturation électronique ?
Elle est prévue le 1er septembre 2027. À cette date, les plus petites entreprises devront à leur tour être en mesure d'émettre des factures électroniques. Elles seront aussi soumises aux obligations de e-reporting.
Que recouvre le e-reporting ?
Il s'agit de transmettre à l'administration fiscale des données relatives aux transactions internationales ou aux transactions avec des clients non assujettis à la TVA. Cette obligation concernera les plus petites entreprises à partir du 1er septembre 2027.
Les bugs ont-ils été nombreux depuis le 1er septembre ?
Non, pas autant que prévu. 21 % des entreprises interrogées déclarent avoir rencontré des bugs en septembre, alors que 64 % redoutaient ce type de difficultés. Les clients ou fournisseurs mal préparés ont touché 34 % d'entre elles, contre 59 % anticipées.
Sources : BFMTV.





