Génération Z au travail : pourquoi les clichés des réseaux sociaux ne tiennent pas, selon Dominique Méda
Les jeunes actifs sont majoritairement épanouis au travail, mais plus d'un sur trois veut se réorienter vite. Ce que dit l'étude de Dominique Méda.
Vous croisez ces phrases partout : les jeunes ne voudraient plus travailler, ne sauraient plus travailler. Sur les réseaux sociaux, le cliché circule vite. Mais la sociologue Dominique Méda, qui a co-dirigé une étude sur le sujet, répond par les données : les jeunes actifs sont majoritairement épanouis. Reste un signal : plus d'un sur trois veut se réorienter rapidement.
En bref
- Les clichés sur la génération Z pullulent sur les réseaux sociaux, relayés autant par les jeunes que par leurs aînés.
- Selon la sociologue Dominique Méda, rien ne prouve que les jeunes refusent de travailler : l'étude co-dirigée par elle montre l'inverse.
- Les jeunes actifs sont majoritairement épanouis dans leur travail, mais plus d'un sur trois souhaite rapidement se réorienter.
Le chiffre clé : Plus d'1 sur 3, jeunes actifs qui souhaitent rapidement se réorienter, malgré un épanouissement majoritaire.
Les clichés sur la génération Z viennent des jeunes comme de leurs aînés
Faites défiler un fil de réseau social consacré au travail : tôt ou tard, un message décrit la génération Z comme peu motivée, voire incapable de s'y mettre. Ces clichés pullulent.
Un détail brouille les camps. Ces idées ne viennent pas seulement des plus âgés. Les plus jeunes actifs les relaient eux aussi, autant que leurs aînés. La caricature circule donc dans les deux sens, et elle finit par ressembler à une évidence partagée.
Face à cette évidence, la sociologue Dominique Méda apporte des données. Elle a co-dirigé une étude sur les jeunes actifs, et son message est net : rien ne permet de soutenir ce que dit la rumeur.
Ce n'est pas anodin pour une entreprise. Un cliché partagé par plusieurs générations s'installe dans les couloirs, les entretiens d'embauche et les réunions d'équipe. Il oriente des décisions sans que personne ne l'ait vérifié.
Aucune donnée ne soutient les deux reproches faits aux jeunes actifs
Les clichés se résument à deux accusations. La première : les jeunes n'auraient plus envie de travailler. La seconde : ils n'en seraient plus capables.
Dominique Méda assure que rien ne permet de dire l'un ou l'autre. Le choix des mots compte : elle ne présente pas une génération parfaite, elle constate l'absence de preuve. Un cliché n'a pas besoin d'être démontré pour circuler, il lui suffit d'être répété.
Pour un manager, la conséquence est directe. Si la preuve manque, juger une recrue sur son âge revient à décider avant d'avoir regardé. Le cliché devient alors un biais, pas un diagnostic.
Ce que cela n'autorise pas non plus, c'est l'inverse : décréter que tous les jeunes sont comblés. L'étude parle d'une majorité, pas de l'unanimité, et c'est cette nuance qui rend le débat utile.
L'étude montre au contraire des jeunes actifs majoritairement épanouis
Voici le résultat qui retourne le débat. L'étude co-dirigée par Dominique Méda établit que les jeunes actifs sont majoritairement épanouis dans leur travail. Pas une poignée d'exceptions : une majorité.
| Sujet | Ce que montre l'étude |
|---|---|
| Envie ou capacité de travailler | Rien ne permet de dire qu'elles se sont perdues |
| Vécu du travail | Les jeunes actifs sont majoritairement épanouis |
| Projet d'avenir | Plus d'1 sur 3 souhaite rapidement se réorienter |
Lisez le tableau dans l'ordre : le cliché ne résiste pas sur l'envie, il ne résiste pas sur le vécu. Reste la dernière ligne, qui demande plus d'attention qu'un simple démenti.
Cet épanouissement ne dit pas que tout va bien partout. Il dit que la thèse d'une jeunesse en rupture avec le travail ne tient pas, au moins dans cette étude. C'est la nuance à garder en tête avant de répondre au prochain message qui généralise.
Plus d'un jeune actif sur trois veut pourtant se réorienter rapidement
L'étude ne dresse pas un tableau idyllique. Plus d'1 jeune actif sur 3 souhaite rapidement se réorienter. Le chiffre est trop élevé pour être balayé, et il nuance le message : épanouis, oui, mais pas forcément installés.
Les deux constats ne se contredisent pas. On peut aimer ce qu'on fait aujourd'hui et vouloir faire autre chose demain. Cette envie de changer de voie ne prouve ni désintérêt ni inconstance : elle dit plutôt que la trajectoire compte autant que le poste. C'est une lecture possible de ces résultats, pas un fait mesuré.
Pour une PME, le sujet est très concret. Un jeune salarié qui s'investit peut déjà penser à la suite. Formation, mobilité interne, reconversion : ces mots ont leur place dans la discussion, avant que la personne ne prenne la porte.
Ce que cela change pour vous, salarié, manager ou dirigeant
Premier réflexe à éviter : plaquer le cliché sur une personne. Ce que les données invitent à faire, concrètement :
- Ne pas juger un jeune collaborateur sur son âge : rien ne permet de dire qu'il a perdu l'envie ou la capacité de travailler.
- Prendre au sérieux l'envie de bouger : plus d'1 jeune actif sur 3 veut rapidement se réorienter.
- Aborder le parcours dès les entretiens, pas au moment de la démission.
- Se méfier des phrases toutes faites, même quand de jeunes actifs les répètent eux-mêmes.
Si vous êtes un jeune actif, ces résultats disent aussi quelque chose de vous : le portrait que l'on répète autour de vous ne correspond pas au vécu de la majorité de vos pairs.
Si vous êtes un aîné, demandez-vous d'où vient la généralisation que vous venez d'entendre en réunion. Selon Dominique Méda, rien de solide n'étaie les deux reproches adressés aux jeunes.
Vos questions
Les jeunes actifs sont-ils épanouis dans leur travail ?
Oui, majoritairement, selon l'étude co-dirigée par la sociologue Dominique Méda. Ce constat contredit l'idée d'une génération en rupture avec le travail. Il n'empêche pas une partie d'entre eux de vouloir changer de voie.
Combien de jeunes actifs veulent se réorienter ?
Plus d'1 sur 3 souhaite rapidement se réorienter, d'après la même étude. C'est une part importante, qui coexiste avec un épanouissement majoritaire. Pour un employeur, c'est un signal à écouter.
Qui diffuse les clichés sur la génération Z au travail ?
Ces clichés pullulent sur les réseaux sociaux. Ils sont véhiculés autant par les plus jeunes actifs que par leurs aînés, ce qui montre que le sujet ne se résume pas à un conflit entre générations.
Sources : franceinfo.





