Quittoking : pourquoi ces démissions filmées sur TikTok révèlent ce que les managers n'entendent pas
Le quittoking, ces démissions filmées sur TikTok, signale un malaise : l'engagement des salariés est tombé à 20 % dans le monde en 2025.
Le quittoking, ces démissions mises en scène en vidéo, ne crée pas le malaise : il le rend visible. Il révèle surtout ce que des salariés n'ont peut-être pas pu dire avant de partir, faute d'être entendus. Voici ce que cela dit de votre management, et comment agir avant que la caméra ne tourne.
En bref
- Le hashtag #quittok totalise plusieurs dizaines de millions de vues : un départ autrefois privé devient un contenu public.
- Gallup : l'engagement mondial tombe à 20 % en 2025, et 19 % seulement chez les moins de 35 ans.
- Selon Qualtrics, 28 % des salariés ayant récemment quitté leur entreprise jugent leur expérience de départ inférieure à leurs attentes.
Le chiffre clé : 20 %, part de salariés engagés dans le monde en 2025, selon Gallup.
Le hashtag #quittok totalise des dizaines de millions de vues
Le principe tient en une phrase : un salarié filme ou raconte sa démission sur les réseaux sociaux, surtout TikTok. Certaines vidéos font sourire, d'autres sont beaucoup plus graves. Quelques-unes deviennent virales en quelques heures.
Le hashtag #quittok cumule plusieurs dizaines de millions de vues. Ce chiffre dit une chose simple : ce qui se réglait autrefois entre un salarié et son employeur peut désormais devenir un contenu public, commenté et partagé.
Le phénomène ne se limite pas à la Génération Z. Mais chez les plus jeunes, la prise de parole en ligne va de soi : donner son avis, raconter une expérience, recommander ou déconseiller une marque fait partie du quotidien. Pourquoi l'entreprise y échapperait-elle totalement ?
L'engagement des salariés recule : 20 % seulement en 2025
Le quittoking n'est pas une simple mode passagère. Il s'ajoute à un malaise que les chiffres confirment. Selon une étude Gallup, l'engagement des salariés dans le monde est passé de 23 % en 2023 à 21 % en 2024, puis à 20 % en 2025.
| Indicateur Gallup | Part de salariés engagés |
|---|---|
| Monde, 2023 | 23 % |
| Monde, 2024 | 21 % |
| Monde, 2025 | 20 % |
| Moins de 35 ans | 19 % |
Autrement dit, seuls 19 % des moins de 35 ans se déclarent engagés. Le quittoking est donc une vitrine, pas une cause. La vraie question pour vous : avant de raconter son départ en ligne, ce salarié a-t-il eu la possibilité de dire ce qui n'allait pas ?
Derrière ces vidéos très visibles, une réalité plus silencieuse existe : celle de salariés qui restent dans l'entreprise tout en s'en détachant peu à peu.
Quand un jeune demande « pourquoi ? », certains managers entendent une contestation
Engagement et adhésion ne sont pas la même chose. Un salarié engagé n'approuve pas forcément tout : il questionne, propose, ose dire qu'une décision lui paraît difficile à comprendre. Le décalage est net avec la Génération Z.
Imaginez qu'un jeune demande pourquoi il doit revenir davantage au bureau, ou pourquoi une nouvelle organisation lui est imposée. Certains managers y entendent une atteinte à leur autorité. Lui cherche parfois simplement à comprendre.
Un consultant qui intervient en entreprise rapporte que les jeunes qu'il rencontre veulent surtout être écoutés, compris et considérés. Ils parlent de leur manager, de reconnaissance, de cohérence entre les discours et la réalité, du sentiment d'avoir leur place dans une équipe.
L'autorité ne disparaît pas, elle change de nature. Elle reposait sur le statut ; elle devient plus relationnelle. Votre légitimité de manager tient de plus en plus à quatre capacités :
- écouter ;
- expliquer vos décisions ;
- faire confiance ;
- poser un cadre.
Le départ est le dernier souvenir du salarié, et 28 % le jugent décevant
Les entreprises n'ont jamais autant sollicité leurs équipes : baromètres, enquêtes d'engagement, plateformes collaboratives. Mais donner la parole ne veut pas dire être prêt à entendre ce qui est dit. C'est sans doute là qu'une partie du malentendu se loge.
Le quittoking invite aussi à regarder les départs. On investit beaucoup dans le recrutement, l'expérience candidat et la fidélisation. Reste une question : qu'en est-il de l'offboarding ? Or la sortie est souvent le dernier souvenir qu'un collaborateur garde de son entreprise. D'après le rapport Employee Experience Trends 2025 de Qualtrics, 28 % des salariés ayant récemment quitté une organisation jugent leur expérience de départ inférieure à leurs attentes.
Trois gestes peuvent changer ce souvenir :
- prendre le temps d'écouter les raisons de la démission ;
- permettre au salarié de dire ce qui n'a pas fonctionné ;
- organiser un vrai échange avec son manager.
On peut quitter une entreprise et continuer à en parler positivement.
Entreprises et salariés doivent apprendre à vivre avec le désaccord
Un salarié qui ne se sent plus entendu cherche un autre espace pour raconter son expérience. Hier, il se confiait à ses proches ou à ses collègues. Aujourd'hui, il peut le faire devant des milliers d'internautes.
Vous ne contrôlerez jamais toutes les prises de parole, et ce n'est sans doute pas le sujet. Vous pouvez en revanche agir bien avant : sur la qualité du dialogue, sur la confiance avec les managers, sur la possibilité d'exprimer un désaccord. Le désaccord fait partie de la vie professionnelle.
Le message vaut aussi pour les salariés. Tout ne peut pas être filmé au nom de l'authenticité, et les réseaux sociaux ont une mémoire. Une vidéo publiée à 23 ans dans un moment de colère peut réapparaître plusieurs années plus tard, dans un contexte professionnel très différent. Cette liberté nouvelle demande du discernement.
Vos questions
Qu'est-ce que le quittoking ?
Ce sont des démissions que des salariés filment ou racontent sur les réseaux sociaux, principalement TikTok. Le hashtag #quittok cumule plusieurs dizaines de millions de vues. Certaines vidéos sont drôles, d'autres beaucoup plus graves.
Le quittoking ne concerne-t-il que la Génération Z ?
Non, le sujet ne se limite pas aux plus jeunes. Mais chez eux, partager une expérience en ligne paraît plus naturel. Selon Gallup, seuls 19 % des moins de 35 ans se déclarent engagés.
Que peut faire une entreprise avant qu'un salarié ne parte en vidéo ?
Elle ne pourra jamais contrôler toutes les prises de parole. Elle peut agir en amont sur la qualité du dialogue, la confiance avec les managers et la place laissée au désaccord. Soigner le départ compte aussi : écouter les raisons de la démission et organiser un vrai échange avec le manager.
Sources : courriercadres.com.





